Entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe, un « mariage de raison »

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Officiellement, la relation entre le président de la République et le premier ministre passe pour être la « meilleure depuis De Gaulle et Pompidou ». Mais leurs passes d’armes sont réservées à la sphère privée.

Les invités tournent en rond dans l’antichambre de la salle des fêtes de l’Elysée ; ils attendent la fin du conseil des ministres, qui s’étire en longueur. Le nouveau monde politique s’apprête à sacrifier à un rite ancien, en ce mercredi 22 novembre 2017. Emmanuel Macron va décorer son premier ministre, Edouard Philippe, des insignes de grand-croix de l’ordre national du Mérite.

Depuis un décret de 1963, la tradition veut que le chef du gouvernement se fasse épingler le tambour bleu de l’ordre au revers de la veste dès lors qu’il a passé plus de six mois à Matignon. Le jeune Emmanuel Macron, 39 ans, élu en mai sur une promesse de table rase, souhaite revoir l’automaticité de certaines décorations… Mais pas celle-ci. Il ne faudrait pas froisser ce premier ministre qu’il connaît à peine. D’autant qu’Edouard Philippe, 46 ans, qui vit pour et par la politique depuis près de deux décennies, raffole du décorum républicain.

Le juppéiste a invité sa famille – mère, femme et enfants –, des amis – son conseiller spécial, Gilles Boyer, ou le directeur de Sciences Po Paris, Frédéric Mion – et ses mentors – Alain Juppé et l’ancien maire du Havre Antoine Rufenacht – à assister à l’événement, qui se tient en présence de l’ensemble du gouvernement. Puisqu’il faut y sacrifier, Emmanuel Macron prononce un discours. Mais hors de question de le rendre public, contrairement à François Hollande, en 2014, qui avait asséné à Manuel Valls au moment de le décorer que l’« on peut réussir son existence sans être président de la République ».

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