Hong Kong : entre Pékin et les manifestants, la guerre de l’image fait rage

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Mercredi matin, l’aéroport de Hong Kong retrouvait son calme. Pourtant, la veille, la zone était le théâtre d’une nouvelle nuit de tensions entre forces de l’ordre et manifestants pro-démocratie. Une scène désormais courante à Hong Kong depuis le début des manifestations il y a deux mois. Mais au-delà de ces affrontements réguliers, c’est une véritable bataille de l’image qui se joue sur le long terme entre les manifestants hongkongais et le pouvoir central à Pékin.

« Les manifestants cherchent à démontrer qu’ils sont pacifiques pour contredire le discours chinois qui parle de terrorisme », explique au Parisien Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Et malgré la taille importante de ces manifestations, « elles restent très disciplinées, par souci de ne donner aucun argument à Pékin de justifier une intervention par la force », ajoute-t-elle.

L’ampleur de ces protestations est également un argument en faveur des manifestants, puisque « le but est de montrer que le mouvement est massif afin d’obtenir le soutien de la communauté internationale » à leurs revendications démocratiques, résume la chercheuse de la FRS. Le 16 juin dernier, ils avaient été deux millions à manifester dans les rues de Hong Kong, soit un quart de la population de la ville.

AFP/Manan Vatsyayana
AFP/Manan Vatsyayana
La dénonciation du recours abusif et injustifié à la force de la police passe également par des actes symboliques. De nombreux manifestants portent ainsi désormais un bandeau sur l’œil en hommage à une infirmière blessée par un flash-ball des forces de l’ordre dimanche soir, devenue le symbole des violences policières.

Cependant, « au milieu de ces manifestants, certains sont aussi violents », nuance Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques.

Déstabiliser son adversaire pour mieux le vaincre
De l’autre côté, Pékin s’obstine à vouloir saboter l’image de ces opposants en tentant de les montrer de façon brutale. Cela passe par les médias officiels qui les qualifient de « terroristes » et de « gangsters » pilotés depuis l’étranger, mais aussi par le recours à des « groupes liés aux triades mobilisés par la Chine pour provoquer des troubles et montrer que les manifestations dégénèrent », explique encore Valérie Niquet.

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