“# Jesuislà”, ou chabadabada Alain Chabat

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Parce qu’il y est question d’un espoir déçu, d’un désenchantement qui ne s’appesantit pas, et parce que son personnage central a les traits et la démarche d’Alain Chabat, #Jesuislà produit un sentiment immédiat d’empathie et d’attachement. Ce qu’il a provoqué d’emblée, il le lui faut ensuite le cultiver durant quatre-vingt-dix-huit minutes. Histoire de ne pas nous perdre en chemin. Le nouveau long-métrage d’Eric Lartigau, qui ne cherche pas tant à séduire qu’à nous retenir à la parenthèse d’une vie d’un quinquagénaire, y parvient, à quelques moments près.

Depuis L’homme qui voulait vivre sa vie, en 2010, le cinéaste semble vouloir s’attacher à ces êtres ordinaires qui soudain décident d’aller au bout d’un rêve. Celui de devenir enfin photographe pour Paul Exben (Romain Duris), qui plaque tout – famille, pays, travail – pour se consacrer à la photographie, vocation qu’il avait abandonnée au profit du métier d’avocat. Celui de devenir chanteuse pour la jeune Paula (Louane Emera) de La Famille Bélier (2014), qui, pour cela, doit faire le choix de quitter ses parents. Enfin, celui d’aller à la rencontre d’une femme vivant à des milliers de kilomètres de chez lui, pour Stéphane (Alain Chabat, donc), le cuisinier-restaurateur de #Jesuislà.

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