« Même amendée, la politique de l’offre de l’exécutif reste d’actualité »

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Chronique. En politique comme en économie, on a beau pouvoir faire dire ce que l’on veut aux chiffres, certains ont plus de portée que d’autres. L’étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) parue le 5 février, a validé en partie la doctrine du gouvernement, selon laquelle « il faut que le travail paie » : ce cercle de réflexion classé à gauche a souligné que les actifs sont les grands gagnants des mesures budgétaires des trois premières années de l’ère Macron.

Mais c’est une autre partie des travaux des économistes qui a déclenché la vindicte des oppositions et semé le trouble dans la majorité et le gouvernement : les 5 % de Français les plus pauvres devraient voir leur niveau de vie se réduire d’environ 240 euros par an sous l’effet des mesures sociofiscales mises en œuvre entre 2018 et 2020, a calculé l’OFCE. Dans le même temps, les 5 % les plus riches devraient voir le leur grimper de… 2 905 euros par an. C’est un caillou dans la chaussure de l’exécutif qui, à mi-mandat et à un mois d’élections municipales ayant valeur de test pour le parti présidentiel, pensait pouvoir enfin présenter sous un jour avantageux son bilan économique : retour des investissements, décrue amorcée du chômage.

Mais l’étiquette de « président des riches » continue de coller au costume du chef de l’Etat depuis les premiers mois de son mandat et la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Un symbole que ni les baisses de cotisations chômage et maladie de 2018, ni la suppression en trois ans de la taxe d’habitation pour 80 % des Français (et d’ici à 2023 pour les 20 % restants), ni même les 17 milliards d’euros de mesures post- « gilets jaunes » n’ont réussi à gommer.

Il faut dire que les sujets fiscaux, tout comme la question du pouvoir d’achat, demeurent hautement inflammables. « Les Français ont l’image d’un jeu de bonneteau : on leur donne d’une main ce qu’on reprendra de l’autre. Sans compter le ressenti des mesures : la taxe d’habitation baisse une fois par an, mais le plein d’essence qui augmente, c’est toutes les semaines ! », illustre Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP.

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